11 février 2006

angle mort

Après Mankiewicz, Tanguy Viel revisite Hitchcock, la manière 'hitchcock', autrement dit sonde ce point de notre psyché légèrement en retrait, qui nous observe agir et tire les fragiles ficelles de notre volonté :

"Mais dans toutes les soirées il y a un angle mort. Dans toutes les soirées, ai-je dit à Lise, il y a des choses qu'on peut faire et que personne ne saura jamais."

"On était comme deux fous immobiles se taisant l'un et l'autre, deux masses névrotiques suffisamment intenses et égales en folie pour se neutraliser en même temps."

"Mais je repensais à ces longues heures d'entraînement passées à faire un swing, à mal placer le tee et se tordre le dos pour lancer une balle là-bas, à deux cent cinquante mètres, s'acharner des jours en pensant qu'une vie se rattrape en jouant au golf, et je me disais : comme quelquefois on peut être fracassé de l'intérieur sans qu'au dehors rien n'y paraisse, seulement l'air médiocre de la normalité, sans que nulle part autour, aucun signe de soi ne déborde."

(Tanguy Viel, Insoupçonnable, Éditions de Minuit.)

3583agenda

Posté par alameda à 14:23 - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur angle mort

    bin dit donc

    je viens de tomber sur ton blog et il me plait bien donc voilà je crois que tu va squatter mes favoris
    bonne continuation

    Posté par Miss_Lys, 11 février 2006 à 14:34 | | Répondre
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