01 mars 2006

don

J'ai souvent remarqué que ceux qui ont beaucoup appris, un fois atteint un certain niveau, développent un rapport très problématique à tout nouvel apprentissage potentiel, soit que 1) ils jugent qu'il est désormais bien difficile d'imaginer un savoir nouveau qui vaille réellement la peine d'être intégré compte tenu de la valeur bien réelle, tangible de ce qu'ils sont appris auparavant et qui se donne, le temps passant, dans toute sa richesse, produisant des fruits qui paraissent plus intéressants que les nouvelles semences proposées, soit que 2) le savoir acquis ayant demandé un engagement de soi qui ressemble à une haute lutte pour se sculpter, ils acceptent difficilement qu'une autre personne, dont ils n'identifient pas facilement la source comme aussi digne d'intérêt que les premières qu'ils accueillirent en eux  absolument à l'âge des commencements, soit susceptible - ou alors il faut bien qu'il y ait quelque arrière-pensée...- de leur donner un nouveau savoir sans remettre en cause un édifice si durement construit. Le paradoxe, dans ce cas-là, est que, plus on apprend (signe d'une capacité originelle d'ouverture particulièrement développée), moins on se met en état de recevoir à l'avenir, quoiqu'on ait beaucoup à donner. Mais donner sans recevoir est absolument impossible, sinon en transformant le don en dogme, la joie en violence.

Posté par alameda à 13:01 - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur don

    Le don du don

    y'a des gens qui savent donner et qui donnent sans jamais demander en retour et parfois meme ne reçoivent rien et pourtant continuent à donner.
    Moi j'appelle ça le don de donner.

    Maryam.

    Posté par Maryam, 05 mars 2006 à 18:55 | | Répondre
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